Le ministre de l'Economie et des Finances, Nizar Baraka, a indiqué, mardi à Rabat, que le gouvernement doit, avant d'envisager l'application de l'impôt sur les fortunes, d'étudier sa faisabilité et sa rentabilité, et voir si elle n'engendre pas d'effets contraires sur le capital (fuite de capitaux), et partant sur l'investissement.
«Il ne s'agit pas d'une question d'audace, mais de voir si cette mesure est adaptée à notre société», a tenu à préciser Baraka lors du Forum de la MAP, organisé autour du Projet de la loi de Finances 2013.
Il a noté, à ce propos, qu'avant de prévoir toute application dudit impôt sur les fortunes, «il faut d'abord étudier les expériences étrangères, qui ont démontré que plusieurs pays ont décidé de l'abolir, vu qu'il peut porter préjudice à l'investissement productif du capital».
Dans ce cadre, le ministre a relevé que l'objectif du gouvernement est d'encourager le capital et d'augmenter la productivité de l'investissement, en le réorientant vers les secteurs productifs, dont l'industrie.
Baraka a, en outre, cité l'exemple du contribuable propriétaire d'un bien immobilier de grande valeur mais qui ne détient pas de revenu. Le contribuable «sera contraint de payer annuellement des impôts sur ce bien sans pour autant avoir les moyens d'y faire face», ce qui pourrait être une entrave devant l'instauration d'une telle imposition, a-t-il expliqué.
La question de l'impôt sur les fortunes suscite un grand intérêt de la population marocaine, et alimente plusieurs débats politiques et académiques quant à sa faisabilité et sa portée